« La Chine est un lion endormi qui fera trembler le monde lorsqu’il s’éveillera. »

Napoléon Bonaparte

 

La route de la soie est le symbole d’une Chine influente au commerce florissant. Plus qu’une véritable route il s’agissait à l’origine des plusieurs parcelles plus ou moins direct reliant Xi’an à la Syrie actuelle. Les nouvelles routes sont aujourd’hui le symbole d’une Chine moderne et puissante désireuse de s’imposer dans les relations internationales.

Le président Chinois Xi Jinping a annoncé pour la première fois en 2013 l’initiative « One Belt, One Road » (OBOR, de son acronyme) les nouvelles routes de la soie, évoquant donc ces mythiques routes. Le projet consiste en un développement massif des infrastructures connectant la Chine à l’ouest: le continent Européen, mais aussi Africain, en passant par la Russie, le Moyen Orient et l’Asie du sud-est par le biais de 5 grandes routes: 3 terrestres et 2 maritimes. La Chine a donc commencé les investissements et développe des routes, des lignes de trains, des ports et des ponts dans les pays que ces routes traversent.

Mais dans les faits rien n’est fixé, les acteurs du projet se veulent flexibles afin de pouvoir profiter de toutes les opportunités et pour contourner les obstacles éventuelles à l’élaboration de ces routes. Le projet évolue, suivant les tendances économiques et politiques internationales.

 

One Belt One Road; les nouvelles routes de la soie

 

Aujourd’hui l’initiative a pour mission de propulser la Chine vers une nouvelle position et d’en faire un acteur majeur à l’international que ce soit sur le plan géopolitique, monétaire ou commercial. Xi Jinping entend ainsi rendre à la Chine sa grandeur passée en étendant l’influence chinoise et faisant face au leadership des États-Unis tout en donnant à l’économie chinoise un nouveau souffle. Pékin met sa devise officielle « prospérité et puissance » à exécution.

 

Un projet à dimension Géopolitique

Pékin souhaite s’imposer dans les relations internationales et a modifié sa diplomatie ces dernières années. L’OBOR (One Belt One Road) en est la concrétisation. Les routes permettront à la Chine d’asseoir son influence dans les régions qu’elles traverseront : l’Asie d’abord, mais aussi l’Afrique et surtout l’Europe où elle possède traditionnellement moins de poids. C’est l’occasion pour Pékin de faire face au leadership Américain.

Les nouvelles routes de la soie devraient aussi permettre à la Chine de développer l’ouest de son territoire. Le « miracle Chinois » a jusque là profité en grande majorité à l’Est de la Chine où se concentrent les pôles économiques du pays. Pékin souhaite depuis longtemps intégrer le Xinjiang, cette province frontalière avec le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et le Pakistan pour apaiser les menaces d’insécurité. L’OBOR connectera la province avec le reste de la Chine, mais aussi avec le reste de la zone, lui donnant une position unique.

source: CSS 

Au delà des frontières chinoises, les routes traverseront des zones sensibles tels que l’Afghanistan, le Pakistan, l’Irak et l’Asie centrale: zone que Pékin a tout intérêt à stabiliser pour satisfaire son besoin en ressources naturelles. Cela permettra de rétablir les échanges avec ces régions et de créer des intérêts communs. Pékin espère réussir avec l’économie là où les États-Unis ont échoués avec le militaire.

Quant aux routes maritimes, elles permettront à Pékin d’accroitre le contrôle des eaux internationales en Asie du sud-est, et dans l’océan Indien. Cela permettra officiellement de sécuriser les marchandises (notamment dans les régions de pirateries, comme autour de la somalie) mais cela permettra aussi au pays d’asseoir son pouvoir dans une zone où les eaux sont disputés.

Face à ces dimensions géopolitiques certains pays se méfient. Par exemple l’inde, qui voit depuis toujours d’un mauvais œil la politique expansionniste de la Chine, est suspicieuse. Ses intérêts économiques sont certains mais elle n’a pas l’intention de laisser le contrôle de l’océan Indien à son voisin.

source: L’express

 

Une implication monétaire

Pour la réalisation du projet, la Chine a créé des fonds monétaires et des institutions financières mondiales chargés de lever les fonds nécessaires aux différents investissements et à la construction des infrastructures: Le fond de la route de la soie, La banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB), la nouvelle banque de développement des BRICS.

Ces institutions, axées vers la Chine, s’établissent en parallèles des grandes institutions actuelles : le FMI et la Banque Mondiale, promettant à Pékin une influence politique au niveau international.

Cela devrait également permettre au RMB, la monnaie Chinoise, de devenir une devise d’échanges mondiale.

source: CSS

 

Une mission d’expansion économique

La Chine connait actuellement un risque de crise économique et financière, la croissance a atteint son niveau le plus faible en 25 ans et les réserves monétaires ont fondues ces 2 dernières années. Elle a été très affectée par la crise en Europe et aux États-Unis, qui a fortement ralenti ses exportations. De plus, le pays est en phase de transition économique avec une classe moyenne de plus en plus importante, une main d’œuvre qui coute de plus en plus chère, remettant en question la situation actuelle « d’usine du monde ». De plus, les prix dans les grandes villes explosent, ce qui mécontente la population. Elle doit éviter le fameux « piège des pays à revenu moyen », dans laquelle le pays en développement stagne, faute d’innovation. L’OBOR pourrait être un moyen de soutenir cette transition et d’éviter ce piège.

source: La tribune

La Chine est excédentaire en capacité industrielle, et doit pour négocier sa transition, trouver de nouveaux marchés, et de nouveaux partenaires. Elle est trop dépendante de l’Europe qui est son premier partenaire commercial. Les nouvelles routes de la soie vont permettre de développer des marchés sur le continent Africain sur lequel la Chine parie beaucoup depuis une dizaine d’année, en simplifiant la logistique et en sécurisant les marchandises en mers. L’OBOR va également simplifier les échanges en Asie, par le biais des infrastructures, et en standardisant les normes et les régulations, créant ainsi une sorte d’OMC asiatique (avec bien sur Pékin à sa tête).

Comme expliqué plus haut, les routes permettront également l’intégration de marchés laissés de coté en Asie centrale et au Moyen Orient.

Enfin, la Chine regorge d’entreprise de BTP à la recherche de nouveaux marchés car le pays est saturé en construction suite aux crises et bulles immobilières. Le projet est l’occasion d’exporter ces entreprises et leur savoir faire.

 

Quels implications pour les partenaires ?

L’OBOR est donc de toute évidence un projet multidimensionnel, et les intérêts pour la Chine sont multiples. Mais qu’est ce que cela implique pour les partenaires de l’empire du milieu ?

Pour l’Europe le bénéfice est très claire: une diminution des temps de transport. Aujourd’hui il faut presque 50 jours porte à porte en transport maritime. C’est la solution la moins chère, mais c’est bien trop long pour nos sociétés modernes de l’instantané. Mais avec des structures bien développés et utilisés au mieux de leurs capacités le transport par voie terrestre notamment par train peut s’avérer très judicieux : 2 semaines pour parcourir la distance Chine – Europe. Le train peut donc être une très bonne alternative à l’avion, très chère, et au maritime, très long.

Pour les pays qui se trouvent sur les chemins de l’OBOR, le projet apporte de nombreux investissements pour développer les structures actuelles. Il permettra aussi une meilleure  intégration économique, entrainant de nouveaux partenaires et de nouveaux échanges commerciaux. Les pays concernés devront toutefois veiller à ne pas devenir trop dépendants des investissements Chinois, pour éviter l’ingérence.

Avec l’OBOR, la Chine concrétise sa politique étrangère, et nous rappelle qu’elle est désormais parfaitement en position d’entrer en compétition avec les grandes puissances du monde, et surtout avec son concurrent potentiel le plus direct: les États-Unis. Le projet, déjà comparé au plan Marshall, est orchestré par une très belle stratégie de communication, qui joue sur l’histoire ancestrale de la Chine.

Visionnaire, le Général de Gaulle prédisait déjà en parlant de la Chine en 1964 : «  Il n’est pas exclu qu’elle redevienne au siècle prochain ce qu’elle fut pendant tant de siècles, la plus grande puissance de l’univers. »

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Clothilde Deneve

 

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Clothilde Deneve travaille et vit à Pékin. Elle est passionnée d’Asie et de culture asiatique. Elle travaille pour Vimex China depuis 4 ans.